Des robotaxis sans conducteur testés en Île-de-France dès 2028, avec cinq communes

Une expérimentation sans conducteur doit démarrer en 2028 dans le nord-ouest francilien, avant un service commercial visé dans une trentaine de villes en 2030.

Laurent Turpin Par Laurent Turpin
3 min de lecture
Des robotaxis sans conducteur testés en Île-de-France dès 2028, avec cinq communes
Photo d’illustration. Une voiture électrique en charge, alors que Renault et EDF préparent la recharge bidirectionnelle.

En bref

  • Cinq communes au maximum accueilleront la première phase, réservable par l’application Bolt.
  • Aucun texte français n’encadre encore un robotaxi commercial à la demande.
  • Pony.ai est désigné fournisseur potentiel de la conduite autonome, sur une base NVIDIA.
  • Le Grand Paris est candidat au programme européen ADACities.

Une expérimentation de véhicules sans conducteur se prépare entre Bolt, Stellantis et la Métropole du Grand Paris. Elle concernerait au plus cinq communes du nord-ouest de l’agglomération et démarrerait en 2028, selon Clubic.

Un service pour les trajets mal desservis

Les voitures seraient réservées depuis l’application Bolt. Les partenaires souhaitent par la suite lancer une offre commerciale dans une trentaine de villes dès 2030, sous réserve de décrocher les autorisations requises.

La Métropole regroupe 7,2 millions d’habitants et compte sur le Grand Paris Express pour rapprocher ses communes. Des trajets demeurent toutefois compliqués, que ce soit du domicile à la gare ou en direction des pôles d’emploi. Elle évoque également les déplacements en heures creuses ainsi que l’accès aux grands événements.

Les cinq communes de la première phase n’ont pas été désignées. Les parcours seront définis avec elles et avec les autorités concernées. Markus Villig, fondateur et P.-D.G de Bolt, promet un service utile « qu’il s’agisse de faciliter l’accès aux transports en commun ou de desservir des trajets qui restent aujourd’hui difficiles à effectuer ». Les habitants de ces communes pourraient donc réserver une course vers leur gare ou leur lieu de travail.

Ned Curic, directeur de l’ingénierie et de la technologie chez Stellantis, vise une mobilité sans conducteur « qui complète les transports en commun et rende les déplacements quotidiens plus simples et plus accessibles ».

Qui apporte quoi

Acteur Rôle
Stellantis Apporte des voitures aptes à circuler sans conducteur à l’intérieur d’un périmètre défini
Bolt Exploite le service via sa filiale Bolt Autonomous Driving Solutions
Métropole du Grand Paris Coordonne le projet et supervise l’évaluation de la sécurité et de l’accueil des usagers
Pony.ai Possible fournisseur de la technologie de conduite, reposant sur la plateforme Hyperion et sur le système de sûreté Halos de NVIDIA

Avant d’étendre le dispositif, la phase initiale passera par une évaluation menée par un organisme indépendant. Patrick Ollier, président de la Métropole, prévient : « Le progrès technologique n’a de sens que lorsqu’il apporte des bénéfices concrets à nos concitoyens ».

Un vide juridique et un cadre européen exigeant

En juin, la Commission européenne a lancé ADACities, un programme visant des flottes d’au moins 100 véhicules autonomes par ville d’ici 2030. Le Grand Paris a posé sa candidature. Bruxelles souhaite des partenariats centrés sur l’Union, où constructeurs et technologies européens passent en premier, sans écarter les partenaires étrangers.

Bolt est une entreprise estonienne et Stellantis un groupe franco-italien, pourtant le logiciel de conduite pourrait provenir de la firme chinoise Pony.ai. Markus Villig y voit « une nouvelle étape concrète vers la mise en place d’un service commercial de mobilité autonome conçu pour l’Europe ». Le projet français a un précédent local : des navettes publiques sans conducteur circulent déjà à Châteauroux.

Les repères européens autour du projet

  1. À Zagreb, Verne inaugure le tout premier service commercial de robotaxi de l’Union européenne, dont les véhicules sont dotés de la technologie de Pony.ai.
  2. Bolt et Stellantis mettent à l’essai des robotaxis conçus avec Pony.ai sur le sol luxembourgeois, soit six mois après avoir annoncé leur alliance.
  3. Bolt prévoit un premier programme à Madrid pour ses futurs robotaxis Lucid, avec le logiciel Alpamayo de NVIDIA.

Bolt n’a donc pas retenu Pony.ai pour tous ses projets. Pour le Grand Paris, ce choix technologique reste présenté comme potentiel.

Photo : Shixart1985 / Wikimedia Commons, CC BY 2.0