Énergies

Google proche d’un contrat nucléaire d’au moins 1 milliard de dollars avec Constellation, selon Bloomberg

Selon Bloomberg, Alphabet négocierait un achat pluriannuel d’électricité nucléaire auprès de Constellation Energy, pour 1 milliard de dollars ou plus.

Laurent Turpin Par Laurent Turpin
4 min de lecture
Google proche d’un contrat nucléaire d’au moins 1 milliard de dollars avec Constellation, selon Bloomberg
Des tours de refroidissement rejettent de la vapeur près d’un pylône à haute tension et d’un bâtiment à dôme, sur le site d’une centrale nucléaire.

En bref

  • L’information vient de Bloomberg, qui s’appuie sur des personnes proches des discussions.
  • Clubic fait la même lecture : pressés par le temps, les géants du numérique se tournent vers le parc existant.
  • Si le contrat avec Google se confirme, Alphabet rejoindrait Microsoft, Meta et Amazon parmi les clients de Constellation, un nom qui, d’après Clubic, ressort systématiquement de la course des géants de la tech vers l’atome.

Alphabet, la maison mère de Google, s’apprêterait à conclure un achat d’électricité nucléaire auprès de Constellation Energy. L’information vient de Bloomberg, qui s’appuie sur des personnes proches des discussions. Elle a été reprise par Investing.com dans une dépêche publiée sur Yahoo Finance. Selon ces mêmes personnes, une annonce pouvait intervenir dès la semaine de ces révélations : l’accord n’avait donc pas encore été annoncé au moment où elles ont été publiées.

Ce que contiendrait le contrat avec Constellation

D’après la dépêche d’Investing.com, Google verserait à Constellation 1 milliard de dollars ou plus, dans le cadre d’un engagement étalé sur plusieurs années. Le partenaire pressenti est un poids lourd du secteur : comme le rappelle Clubic, aucune autre entreprise n’exploite autant de réacteurs nucléaires que Constellation aux États-Unis. Le site souligne que ce groupe, peu connu du public français, est en train de devenir le fournisseur attitré de l’ensemble des géants du numérique.

Pourquoi les centres de données misent sur l’atome

Les groupes technologiques cherchent un approvisionnement électrique fiable pour un parc de centres de données en pleine croissance, note Investing.com, et les besoins considérables de l’intelligence artificielle relancent l’attrait du nucléaire. L’atome présente pour eux deux atouts : il produit en continu et sans rejeter de gaz à effet de serre. Clubic ajoute que ces installations, qui tournent sans interruption, exigent un courant constant, que les seules énergies éolienne et solaire ne suffisent pas à garantir.

Centrale nucléaire avec deux tours de refroidissement qui émettent de la vapeur, au-dessus d’une rivière et de prairies, sous un ciel nuageux.
Photo d’illustration. Deux tours de refroidissement d’une centrale nucléaire rejettent de la vapeur, au bord d’une rivière, sous un ciel chargé de nuages. Photo : Wolfgang Weiser / Pexels

Encore faut-il des réacteurs disponibles. Selon la dépêche, obtenir les autorisations puis bâtir une nouvelle installation peut demander une décennie, voire davantage, et les réacteurs de fission de nouvelle génération ne devraient pas être déployés massivement avant plusieurs années. C’est pourquoi les accords récents portent surtout sur des installations déjà en service. Clubic fait la même lecture : pressés par le temps, les géants du numérique se tournent vers le parc existant.

Ce regain d’intérêt marque un retournement. Au début des années 2010, le nucléaire avait perdu la cote, à cause des craintes pour la sécurité et de budgets qui dérapaient fortement. Clubic rappelle que la catastrophe de Fukushima avait alors illustré ces risques, et cite aussi des frais de maintenance très élevés. L’atome bénéficie aujourd’hui d’un double soutien, selon Investing.com : celui des entreprises du numérique, et celui de gouvernements contraints de concilier une demande électrique qui s’envole et la baisse de leurs émissions. Clubic signale enfin que ces entreprises s’intéressent aussi davantage au gaz naturel pour faire tourner leurs centres de données.

Google face à ses rivaux de la tech

Google n’en est pas à son premier contrat nucléaire. Toujours selon Investing.com, le groupe s’est engagé l’an dernier à acheter de l’électricité à NextEra Energy, pour soutenir la remise en service de Duane Arnold, un réacteur de l’Iowa arrêté depuis 2020. Le mois dernier, il s’est aussi procuré de nouveaux volumes auprès de Southern Co., en contrepartie du financement de travaux d’amélioration sur deux centrales. Clubic, qui évoque lui aussi la participation de Google à la modernisation de deux centrales le mois dernier, les situe en Géorgie et précise que cet accord attend encore le feu vert des autorités. Le site observe que Google enchaîne ce type d’initiatives depuis plus d’un an.

Le rapport de Bloomberg suit de peu un accord comparable. La semaine précédente, Amazon s’était engagé à acheter 690 mégawatts d’électricité nucléaire à Constellation, une partie de ce volume venant de travaux d’amélioration sur le site de Calvert Cliffs, dans le Maryland, rapportent Investing.com et Clubic. Clubic rappelle en outre que Microsoft et Meta se sont, eux aussi, déjà tournés vers Constellation, et que Google s’apprêterait à suivre le mouvement.

Entreprise Fournisseur Objet de l’accord Source
Microsoft Constellation Redémarrage d’un réacteur de Three Mile Island (Pennsylvanie), contrat de 20 ans signé en 2024 Clubic
Meta Constellation Intégralité de l’électricité produite à Clinton (Illinois), dès 2027 Clubic
Amazon Constellation 690 mégawatts, en partie tirés de travaux sur la centrale de Calvert Cliffs (Maryland), annoncés la semaine précédant le rapport de Bloomberg Investing.com, Clubic
Google NextEra Energy Soutien à la remise en service de Duane Arnold (Iowa), arrêté depuis 2020 Investing.com
Google Southern Co. Financement d’améliorations sur deux centrales, situées en Géorgie selon Clubic Investing.com, Clubic

Lactutechno avait consacré un article à l’annonce du contrat entre Meta et la centrale de Clinton. Si le contrat avec Google se confirme, Alphabet rejoindrait Microsoft, Meta et Amazon parmi les clients de Constellation, un nom qui, d’après Clubic, ressort systématiquement de la course des géants de la tech vers l’atome.

Photo : Wolfgang Weiser / Pexels