IA & Robots

Masayoshi Son sollicite des investisseurs du Golfe pour un fonds de rachats

Masayoshi Son sollicite des investisseurs du Golfe pour un fonds qui rachèterait des sociétés afin de les transformer par l’IA, alors que sa dépendance à OpenAI pèse en Bourse.

Guillaume Morel Par Guillaume Morel
3 min de lecture
Masayoshi Son sollicite des investisseurs du Golfe pour un fonds de rachats
Image en lien avec l’article Masayoshi Son sollicite des investisseurs du Golfe pour un fonds de rachats .

Selon le Financial Times, dont les informations ont été relayées le vendredi 9 octobre par coinacademy.fr, SoftBank chercherait à réunir 100 milliards de dollars au maximum, auprès de bailleurs de fonds du Golfe, afin d’alimenter ses paris dans l’intelligence artificielle. Rien ne garantit que les négociations aboutissent, et le groupe japonais n’a pas souhaité commenter.

En bref

  • Ces dernières semaines, Masayoshi Son, patron de SoftBank, a multiplié les rencontres avec des investisseurs de la région, dont des responsables des Émirats arabes unis, comme le rapporte Clubic .
  • SoftBank a engagé 65 milliards de dollars dans OpenAI, le créateur de ChatGPT.
  • Une introduction en Bourse d’Anthropic est par ailleurs attendue dans les prochaines semaines.

Un fonds pour racheter des entreprises et les remodeler avec l’IA

Ces dernières semaines, Masayoshi Son, patron de SoftBank, a multiplié les rencontres avec des investisseurs de la région, dont des responsables des Émirats arabes unis, comme le rapporte Clubic.

Les capitaux serviraient à créer un fonds destiné à acheter des sociétés, puis à améliorer leurs opérations en s’appuyant sur l’IA et sur d’autres technologies avancées. La démarche s’apparente à celle du capital-investissement.

Dans ce dispositif, la filiale Roze, spécialisée dans la robotique et l’IA physique, devrait jouer un rôle clé. Masayoshi Son espère l’introduire en Bourse en visant une valorisation élevée.

Le précédent Vision Fund et le poids du Golfe dans l’IA

La somme visée équivaut à la dotation du premier Vision Fund, lancé en 2017 avec 100 milliards de dollars. Mubadala, aux Émirats, et le PIF saoudien comptaient parmi ses participants.

Repère Donnée
Vision Fund, premier du nom environ 29 milliards de dollars de gains cumulés fin juin
Vision Fund 2 porte la participation dans OpenAI, 20,5 milliards de dollars de gains revendiqués
Fonds souverains mondiaux, l’an dernier 66 milliards de dollars dépensés dans l’IA et les infrastructures numériques, Mubadala et le PIF en tête

Abu Dhabi investit aussi dans l’IA par l’intermédiaire de MGX et de la holding G42, qui n’ont pas répondu au Financial Times.

OpenAI, le pari qui pèse sur le reste

SoftBank a engagé 65 milliards de dollars dans OpenAI, le créateur de ChatGPT. Or OpenAI a repoussé son introduction en Bourse, ce qui pourrait freiner les nouveaux investissements de SoftBank dans le secteur.

65 milliards $investis par SoftBank dans OpenAI
20 milliards $écart approximatif entre le chiffre d’affaires annualisé d’OpenAI et ce que la société avait laissé entendre
− 5 %recul de l’action SoftBank vendredi

Ce repli a suivi la révélation par le Financial Times que le chiffre d’affaires annualisé d’OpenAI se situait environ 20 milliards de dollars sous ce que la société avait laissé entendre. La veille, le Nasdaq et ses grands noms avaient terminé en recul après la découverte de ce chiffre.

Depuis janvier, le titre SoftBank gagne encore 25 %, mais son cours est retombé de plus de 30 % par rapport au record de juin.

Dette et risque de contagion

Le mois dernier, SoftBank a bouclé la plus grosse émission d’obligations à haut rendement jamais réalisée, au-delà de 11 milliards de dollars, avec des rendements montant jusqu’à 9,75 %.

Un analyste basé en Asie, cité par le Financial Times, redoute un effet de contagion, car l’essentiel des placements de SoftBank repose soit sur OpenAI, soit sur le secteur de l’IA dans son ensemble.

Masayoshi Son, fondateur et PDG de SoftBank, déclare de son côté : « Ceux qui condamnent l’IA crachent eux-mêmes en l’air ».

Stargate aux États-Unis, data centers en France

SoftBank est présent dans le projet Stargate aux États-Unis et veut investir 75 milliards d’euros dans des data centers en France.

Une introduction en Bourse d’Anthropic est par ailleurs attendue dans les prochaines semaines.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Brett Sayles. Licence Pexels.