Énergies

La France simulera une panne d’électricité totale en 2027

Armées, ministères, préfectures, RTE et Enedis plancheront ensemble autour d’une table, sans aucune coupure chez les particuliers, pour éprouver la réponse de l’État.

Oriane Pelletier Par Oriane Pelletier
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La France simulera une panne d’électricité totale en 2027
Lignes à haute tension et pylônes du réseau qui transporte l'électricité.

La France prépare une répétition générale du pire scénario électrique : une panne qui frapperait tout le pays. C’est le Comité interministériel pour la résilience nationale (CIRN) qui, le 8 juillet 2026, a donné son feu vert à un exercice de dimension nationale baptisé « black-out électrique généralisé ». Programmé pour la seconde moitié de 2027, il se déroulera sous forme de simulation autour d’une table : aucune lumière ne s’éteindra pour de vrai.

En bref

  • C’est le Comité interministériel pour la résilience nationale (CIRN) qui, le 8 juillet 2026, a donné son feu vert à un exercice de dimension nationale baptisé « black-out électrique généralisé ».
  • Selon Journal du Geek, une trentaine de parcs éoliens et solaires polonais ont ensuite été visés par une cyberattaque, en pleine tempête de neige, huit mois plus tard.
  • Pour les foyers, l’exercice reste donc invisible, mais il doit permettre aux autorités de savoir ce qu’elles feraient si le courant venait un jour à manquer partout à la fois.

Une simulation sans coupure réelle

Selon Journal du Geek, le dossier de presse du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) décrit un exercice d’une ampleur inédite. Il s’agit de vérifier si le pays est prêt à affronter une immense panne touchant l’Hexagone. Les participants devront agir en imaginant que toute la France a plongé dans l’obscurité, tandis que les particuliers ne seront pas concernés.

Autour de la table, on trouvera l’administration militaire, plusieurs ministères, les préfectures et les collectivités. Les deux gestionnaires du réseau seront aussi présents : RTE, qui s’occupe des lignes à haute et très haute tension, et Enedis, chargé de la distribution jusqu’aux foyers. À l’issue des travaux, un inventaire des menaces et des vulnérabilités du réseau sera dressé, avec un classement secret.

Communiquer quand les téléphones ne répondent plus

Un autre point sera mis à l’épreuve : la façon dont l’État s’adresserait à la population si les réseaux téléphoniques étaient eux aussi hors service. La raison est simple, rappellent Journal du Geek et Presse-citron : privée de courant, une antenne relais ne fonctionne que quelques dizaines de minutes grâce à sa batterie. Passé ce délai, les alertes habituelles comme FR-Alert deviendraient difficiles à envoyer, et il faudrait trouver d’autres moyens de prévenir les habitants.

Des précédents qui rendent le sujet concret

Les deux médias replacent l’annonce dans un contexte tendu. Le 28 avril 2025, l’Espagne et le Portugal ont décroché du réseau électrique européen : près de 50 millions de personnes se sont retrouvées en quelques secondes sans courant ni Internet. Selon Journal du Geek, une trentaine de parcs éoliens et solaires polonais ont ensuite été visés par une cyberattaque, en pleine tempête de neige, huit mois plus tard.

La France a elle aussi connu des alertes. L’an dernier, 160 000 foyers des Alpes-Maritimes ont perdu l’électricité après qu’un pylône a été scié à Villeneuve-Loubet et qu’un poste électrique a été incendié à Tanneron. Presse-citron rappelle par ailleurs qu’en 1978, une immense panne avait touché l’ensemble du territoire français.

Faut-il craindre un scénario à l’espagnole ? RTE se veut plutôt rassurant. D’après les deux articles, le réseau français est exploité avec des marges plus confortables, la tension y étant plafonnée à 420 kV en fonctionnement normal, contre 435 kV en Espagne.

Rallumer le pays, la vraie question

Le cœur de l’exercice n’est pas de savoir si le pays résisterait à un black-out, mais ce qui se passerait ensuite. Un réseau électrique ne redémarre jamais d’un seul coup. Il faut d’abord s’appuyer sur des centrales aptes à démarrer sans aucune source extérieure, puis remettre le réseau sous tension par tronçons successifs, en veillant à ce qu’un nouveau déséquilibre ne provoque pas de rechute.

Journal du Geek relève deux questions qui restent ouvertes : qui porterait secours en cas de coupure générale, et quelles zones le gouvernement choisirait de rétablir d’abord. Cet ordre de priorité est justement ce que l’État veut mettre à l’épreuve avant de devoir l’improviser dans la réalité.

Une politique d’anticipation plus large

L’exercice s’insère dans une démarche plus vaste. L’actualisation de la loi de programmation militaire instaure un état d’alerte de sécurité nationale, situé juste en dessous de l’état d’urgence. Pour les citoyens, le guide « Tous responsables », paru en novembre 2025, demande à chaque foyer d’être capable de tenir 72 heures en autonomie.

Cette recommandation vaut dès aujourd’hui : elle ne dépend pas de la simulation de 2027, qui ne provoquera aucune coupure chez les particuliers. Pour les foyers, l’exercice reste donc invisible, mais il doit permettre aux autorités de savoir ce qu’elles feraient si le courant venait un jour à manquer partout à la fois.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Kreuzschnabel. Licence : CC BY-SA 3.0.

Oriane Pelletier

Tech, sciences, transport, matériel, IA et énergies

Oriane Pelletier

Oriane Pelletier a été rédactrice web pour un comparateur de forfaits mobiles avant de rejoindre L'Actu Techno. Elle suit l'actualité tech au quotidien et les transports, des voitures électriques aux trains. Elle fait tous ses trajets en trottinette, par tous les temps.