Jusqu’à 60 % des emplois exposés à l’IA dans les économies avancées, selon le FMI
Selon la patronne du FMI, l’IA n’emporte pas tout d’un coup : elle commence par les tâches routinières où débutent les jeunes diplômés, au bas de l’échelle.
En bref
- La patronne du FMI parle d’un « tsunami à déplacement lent » pour l’emploi.
- Le FMI situe l’exposition à près de 60 % dans les économies avancées, contre 26 % dans les pays à faibles revenus.
- Les emplois concernés pourraient être augmentés, déclassés ou supprimés.
- Agents autonomes et Mistral Large 4 font avancer les capacités de l’IA.
Un tsunami, mais qui avance au ralenti. C’est l’image choisie par Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international, pour décrire ce que l’intelligence artificielle prépare au marché du travail. D’après Presse-citron, qui s’appuie sur des propos rapportés par CNBC lors d’un panel, les jeunes diplômés seraient les premiers à devoir s’inquiéter.
Pour la patronne du FMI, l’emploi fait face à un « tsunami à déplacement lent ». Elle a averti que les premières personnes concernées sont les jeunes diplômés. Son explication : normalement, ils commenceraient par des emplois routiniers et répétitifs, puis graviraient les échelons. L’avertissement porte donc moins sur un choc immédiat que sur un mouvement qui s’installe par étapes, en touchant d’abord le bas de l’échelle des carrières.
Pourquoi la vague se fait attendre
La catastrophe sur l’emploi que certains prédisaient ne s’est pas encore produite, car l’influence de l’IA sur les recrutements se manifeste plus lentement. ChatGPT, qui a popularisé l’IA générative, approche de ses quatre ans d’existence, et l’effet sur le travail se précise peu à peu.
Anthropic a publié une étude selon laquelle la transformation de l’emploi ne ressemblerait pas à la secousse de la pandémie : elle rappellerait plutôt l’arrivée d’internet ou l’essor des échanges avec la Chine, deux phénomènes étalés dans le temps. Une conséquence, notée par Presse-citron : cet effet pourrait nous échapper à court terme.

La même entreprise a construit des scénarios pour les États-Unis à l’horizon 2030. Si l’IA ne contribue que modestement au PIB, peu de postes changent de mains. Dans l’hypothèse extrême où l’économie américaine doublerait de taille tous les quatre ans et demi, l’effet sur l’emploi serait au plus haut. La description de ce scénario évoque une société bien plus riche qu’avant, mais où beaucoup moins de travailleurs occupent des emplois du savoir et où le chômage dépasse les niveaux habituels des périodes de récession.
Les chiffres du FMI selon le niveau de richesse
Le taux de 40 % n’est pas une nouvelle estimation : le FMI l’avait déjà avancé en 2024 pour les emplois dans le monde. La part varie fortement selon les économies.
Être concerné ne veut pas dire disparaître. Selon le FMI, les emplois visés pourraient connaître trois sorts :
| Destin possible | Sens |
|---|---|
| Augmentés | assistés par l’IA |
| Déclassés | dévalorisés |
| Supprimés | retirés du marché du travail |
Ce qui accélère le mouvement
Les capacités des systèmes progressent depuis 2022, à chaque nouvelle génération de modèles :
- des agents d’IA mènent des tâches complexes, voire de la recherche scientifique, de façon quasi autonome ;
- Mistral a lancé un modèle de pointe aux performances comparables à celles des meilleures IA chinoises ; selon Arthur Mensch, Mistral Large 4 peut travailler pendant plusieurs heures dès lors qu’on lui fixe un objectif ;
- dans une interview à France Inter, le patron de Mistral a prévenu que les métiers vont profondément changer dans les cinq années à venir.
Ce lancement a coïncidé avec la rupture annoncée par Ecosia, détaillée dans un précédent article. Mistral prévoit en outre de développer un modèle encore plus puissant, censé produire en mathématiques des résultats proches de ceux d’OpenAI.
Photo : Mikhail Nilov / Pexels


