The Wolf Among Us

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Samedi soir, 2h du mat’, fin de soirée. Je me décide à lancer The Wolf among Us sans grande conviction. J’avais lu 2-3 tests par ci par là et le côté aventure intéractive m’a rebuté. Mais avec autant d’éloges sur le jeu, il fallait que je me fasse un avis par moi même. Alors, verdict ?

 

Il était une fois le grand méchant loup

The Wolf among Us, c’est l’histoire de Bigby, ressemblant à s’y méprendre à un certain Logan aka Wolverine, wolvy pour les intimes. C’est le sheriff de Fabletown, où les personnages de contes de fées se retrouvent une fois extirpés de leurs histoires. Ceux qui sont incapables de prendre forme humaine sont envoyés à la Ferme, à l’abri des regards indiscrets. Il existe toutefois un élixir, le Glamour, qui permet à celui qui le boit de passer pour un humain pendant quelque temps. Mais le Glamour a un coût qui grimpe progressivement au fur à mesure que le temps passe. Comme vous l’aurez compris, Bigby était autrefois le grand méchant loup et, malgré sa fonction de sheriff, peine à être accepté en tant que tel, souffrant de son passé agité.

En tant que personnage badass, on découvre un Bigby torturé, qui calme ses pulsions meurtrières à coup de whisky. Son émotivité se ressent dans chacun des choix, proposés aux joueurs, de provoquer voir même attaquer physiquement les autres protagonistes.  Et ça nous démange car la pauvre bête est souvent mal reçu, jugé comme un « méchant » et donc devant agir comme tel. Le jeu nous fait très bien ressentir la solitude du personnage, la distance qu’il mets dans toutes ses relations, et au final on se met à avoir de l’empathie pour ce Steven Seagall de Fabletown.

 

Choisir c’est perdre

« Et là, le jeu il prend notre petit coeur, et il tape fort dedans« . Le jeu s’amuse avec nos sentiments, nous immergeant dans un quotidien triste et sombre où la seule lueur d’espoir fini par toujours par s’éteindre (je suis pas un bisounours mais franchement, c’est triste comme jeu). En nous proposant une intrigue de polar noir, The Wolf among Us s’enfonce dans une ambiance glauque où l’on comprend que les anciens héros de nos contes chéris sont devenus humains… trop humains. Prostitution, meurtre sordide, suicide… mon innoncence est ruinée à jamais.La force du scénario est qu’il transpose des personnages chargés d’une symbolique forte dans la complexité des sentiments humains, sans jamais forcer le trait. Tout est dans la justesse. On s’attendrit d’une Blanche Neige martyrisée par son patron, d’un Bucheron qui se sent coupable… Le jeu se permet même quelques dérives sur les oeuvres originales sans jamais aller trop loin. Un travail d’orfèvre je vous dis.

Côté graphisme, qu’on aime ou qu’on aime pas le cel-shading, c’est beau. Tant sur les décors que sur les personnages, la réalisation est très soignée. A titre comparatif, je me rappelle de XIII trop fade, là tout semble vivant. Les yeux des personnages, leurs expressions, les jeux de regards… on y croit, et ça c’est très fort.

Enfin le gameplay est très efficace. La phase de réponse fait beaucoup penser à « qui veut gagner des millions » (réponse dans un temps donné) sans nuire à l’immersion, et les QTE sont excellents. On est loin de « appuyer sur Y,[20 sec], appuyer sur X ». Là on vise, on tapote, on appuit et on vit la scène d’action sans jamais sortir du timing.

 

Mais attends Thib-Thib, c’est le jeu du siècle ou quoi ?

Dans le genre, c’est une perle mais, en attendant la suite, il est désespérement trop court. L’aventure se stoppe net sans qu’on s’y attende et on reste EXTREMENT frusté. Bref, le signe d’un très bon jeu.

Bon allez, trop d’émotivité pour ce test, je vais allez écouter du Black Sabbath, boire du café noir et sacrifier des animaux trop mignons (je déconne Brigitte).

Bisou.