Test d’Assassin’s Creed Rogue

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En cette fin d’année 2014, Ubisoft veut combler à la fois les joueurs Next Gen et ceux qui possèdent PS3 et Xbox 360 en sortant deux jeux estampillés Assassin’s Creed. Avec Unity qui attire tous les regards, grâce à une communication plus importante et une histoire prenant place dans notre pays, on pourrait croire que Rogue n’est qu’un sous-épisode fait pour que les joueurs « Old Gen » puissent se mettre quelque chose sous la dent. Et si Ubisoft Sofia, à qui l’on doit déjà Assassin’s Creed IV Black Flag, avait cette fois-ci plus que le destin d’un homme à nous offrir ?

De Tueur de l’ombre à Templier, il n’y a qu’un pas

Le grand livre de l’histoire des Assassins nous emmène à la page 1752, année à laquelle commence cette nouvelle aventure. Sur les terres enneigées d’une île de l’Atlantique Nord, le joueur incarne une jeune recrue de la confrérie n’ayant aucun lien de parenté avec la famille Kenway, Shay Patrick Cormac. Sur fond de prémices de la Guerre de 7 ans et de colonisation des Etats Unis, ce dernier se rebelle contre les projets et les idéaux des Assassins.

L’histoire de cet épisode veut modifier le regard que l’on a sur la place et les intentions des templiers dans la série en général. S’ils restent les grands méchants, les assassins leur volent la vedette dans Assassin’s Creed Rogue et Shay, ne souhaitant que protéger le peuple, choisit alors la voie de la trahison afin de sauver le monde. Se déroulant entre 1752 et 1761, la progression entre les deux périodes est un brin déroutante et reste assez plate, mais cette nouveauté amenée par Ubisoft est à saluer. Le virage surprend, néanmoins on plonge avec plaisir de l’autre côté du miroir. Et ce passage dans le camp adverse permet d’élucider quelques mystères concernant la confrérie, et de retrouver des noms connus comme Ezio, Adéwalé ou même un certain Arno…

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Un gameplay en dents de scie

Comme dans Black Flag, le joueur alterne plusieurs phases de gameplay pour progresser dans l’histoire : missions d’infiltration, épreuves contre la montre, batailles navales… La variété est encore au rendez-vous et dynamise le jeu. Comme toujours arbres, falaises ou même bâtiments peuvent être escaladés, et les sauts de la foi sont toujours aussi impressionnants. Néanmoins il faut faire attention lors des phases en hauteur : les sauts peuvent souvent être ratés à cause de la sensibilité du joystick. La maniabilité de Shay reste intuitive, et sa nouvelle vision d’aigle facilite la détection des objectifs… mais aussi des assassins cachés un peu partout.

En ce qui concerne les combats, peu de changements à signaler, mis à part des ennemis à l’intelligence aléatoire. Si certains gardes n’ont clairement pas inventé l’eau chaude, les IA n’ont été que peu retravaillées. Les adversaires, notamment les assassins dissimulés, n’hésitent pas à se jeter à corps perdu dans la bagarre et à porter des coups puissants. Ils ont même un petit côté « sangsue » si l’on n’arrive pas à fuir ou à bien se cacher. Quant à la personnalisation de Shay, par l’amélioration de ses armes et de ses équipements, elle facilite l’aventure mais reste optionnelle. Ceux qui ont joué à Black Flag trouveront dans le gameplay de Rogue un air de déjà-vu, mais il est loin d’être déplaisant.

Shay plus fort que Martine

Au-delà de l’aventure principale, le joueur est libre d’explorer le vaste monde et des quêtes annexes attendent les adeptes de ces mots, synonymes de fierté : « jeu terminé à 100 % ». Ces missions apparaissent progressivement, principalement en parcourant les terres sur lesquelles il est possible d’amarrer. Plutôt variées, elles vont de la libération d’otages à la destruction de forts. A côté de cela, il est aussi possible de faire parler le chasseur qui est en nous : chasser des têtes, des bêtes ou des trésors, il y en a pour tous les gouts, même si ces missions demeurent très répétitives. Comme dans l’opus précédent , les activités ne manquent pas : « Shay part chasser le narval », « Shay joue à la Carte aux trésors » ou « Shay, capitaine d’armada », le monde de Rogue regorge d’objectifs secondaires qui rajouteront de nombreuses heures de jeu, et qui prouvent qu’il y a de quoi faire entre terre et mer.

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O mon bateau…

La mer, parlons-en. L’un des éléments clés d’Assassin’s Creed Rogue est le Morrigan, navire que Shay récupère très tôt dans l’aventure. Comme le héros, il est personnalisable : on peut créer un bateau qui nous ressemble en modifiant son apparence, mais aussi chaque élément de son armement, comme dans Black Flag. L’amélioration du navire est d’ailleurs obligatoire pour progresser, certaines batailles navales étant impossibles à gagner sans. Sa maniabilité est un peu déroutante au départ, mais on prend vite le coup de main. Le Morrigan peut briser la glace avec la proue et tirer sur les icebergs avec des boulets ou un mortier dont on peut régler l’orientation. Des atouts qui seront très pratiques notamment lors d’attaques.

Il faudra d’ailleurs vous méfier des ennemis en haute mer, car eux aussi pourront aborder votre navire et tuer sans vergogne les membres de votre équipage. Un évènement certes rare, mais qui met du piment dans l’aventure et qui permet de récupérer facilement des matériaux, de réparer le Morrigan ou de rajouter un vaisseau à votre flotte. Jouer à cache-cache entre les icebergs, attaquer et aborder des navires ou mener une campagne navale pour récolter équipiers et ressources sont autant de nouveautés qui améliorent l’expérience de jeu en mer, pourtant très bonne dans Assassin’s Creed IV Black Flag.

Une réalisation bâclée ?

Son histoire surprend, son gameplay ne dépayse pas les puristes (même avec ses défauts), il ne manque pas d’objectifs secondaires et les phases en mer ont été améliorées. Alors où se trouvent les défauts d’Assassin’s Creed Rogue ? Malheureusement, ils se trouvent dans sa réalisation. Le gros point noir de cet épisode provient de ses cinématiques. Trop souvent victimes de ralentissements, elles déçoivent, notamment au niveau du rendu des ombres.

Elles parviennent même à faire disparaitre des objets. Un traitement insuffisant alors les costumes et les visages sont toujours plus détaillés. La boutique est également trop mise en avant, ne proposant que des contenus purement esthétiques. Enfin, comme les traitres se retrouvent généralement seuls, il n’y a pas de mode multijoueur dans cet opus.

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Verdict

Même si il a des défauts esthétiques gênants et des problèmes présents dans d’autres épisodes, Assassin’s Creed Rogue n’est pas un épisode à négliger. Révélant plusieurs secrets sur la série et servant de trait d’union entre Black Flag, Assassin’s Creed III et Assassin’s Creed Unity, cet opus propose de voir l’histoire des Assassins et des Templiers sous un autre angle. Similaire en de nombreux points à son grand frère, le titre reste divertissant et les passionnés pourront le voir comme un épisode 4 amélioré. Si l’aventure principale n’occupera qu’une vingtaine d’heures, les nombreuses activités optionnelles, la personnalisation de Shay et du Morrigan et le vaste monde ouvert sauront séduire. A mettre dans les mains des fans de la première heure plutôt que dans celles des néophytes, qui auraient du mal à comprendre toutes les références aux opus précédents.