Orange et Bouygues proches d’un accord, les salariés s’impatientent

2009_09_18_Orange

Depuis quatre mois que Bloomberg a révélé l’existence de négociations entre Orange et Bouygues en vue d’un rachat de Bouygues Telecom par l’opérateur, ils étaient presque restés discrets… Alors que Les Échos annonçait dimanche que Bouygues et Orange avaient réalisé des avancées significatives dans leurs discussions, les salariés de Bouygues Telecom ont décidé, lundi, de faire entendre leur voix. Ils demandent à ce que 95% d’entre eux soient repris par Orange, et non par Free ou SFR.

Un accord sur la cession des actifs. C’est la condition sine qua non a un accord entre Orange et Bouygues, la cession des actifs de l’opérateur de Martin Bouygues. Orange, déjà premier opérateur du marché, ne pourra en effet pas garder tous les actifs (clients, réseau, fréquences, boutiques et salariés) de Bouygues Telecom. Pour espérer convaincre l’Autorité de la concurrence – qui devra valider le rachat – Orange doit donc négocier avec Free et SFR pour la reprise d’une partie des clients, des boutiques et des fréquences de sa possible acquisition.

Après plusieurs semaines de négociations et des manifestations d’intérêts de chacun, un accord semble enfin bouclé. Selon les informations des Échos, les quatre opérateurs sont parvenus à se mettre d’accord sur une répartition. Free devrait ainsi reprendre une partie des fréquences de Bouygues Telecom, mais aucuns clients contrairement à ce qui avait pu être dit plus tôt. SFR serait donc le principal héritier des clients mobiles de l’opérateur de Martin Bouygues. Reste encore cependant l’épineuse question du réseau de boutiques dont personne ne semble vouloir. Free Mobile pourrait en racheter quelques unes, mais Orange est encore loin du compte.

Quid des salariés ? Pendant ce temps-là, les salariés de Bouygues Telecom s’impatientent et s’interrogent sur leur avenir. Stéphane Richard, le patron d’Orange, a certes rappelé lors des résultats financiers de son groupe que, « sur le plan social cette opération doit être exemplaire », et que tous « les salariés de Bouygues Telecom devaient se voir proposer un projet, une affectation », il affichait également pour logique que  « les salariés suivent les (services) dont ils s’occupent ». Pas question pour les salariés et les syndicats de Bouygues Telecom.

Les syndicats de l’opérateur, reçus en délégation à Bercy lundi matin, ont clairement voulu faire entendre leurs voix. « On ne veut pas de montage en trompe l’oeil. Les modèles économiques de Free et SFR ne permettent pas de reprendre les salariés Bouygues Telecom », estime Azzam Adhab, délégué central de la CFDT Bouygues Telecom présent au ministère de l’Economie et des Finances lundi. « Chez Orange, la situation est plus favorable, compte tenu de la pyramide des âges et des nombreux départs en retraite prévus dans les années à venir », poursuit-il.

95% des salariés souhaitent aller chez Orange. Selon un sondage effectué au sein de Bouygues Telecom dans le courant de la semaine dernière, les salariés plébiscitent largement l’opérateur historique comme point de chute en cas de fusion. Sur les 1.000 personnes interrogées, 950 soit 95% souhaiterait arriver chez Orange. Un véritable casse tête pour Stéphane Richard, qui pilote lui-même les négociations face à Martin Bouygues, Patrick Drahi et Xavier Niel.

Dans tous les cas, les quatre opérateurs ont l’obligation d’avancer rapidement s’ils souhaitent voir le marché passer de quatre à trois opérateurs. Orange et Bouygues ont en effet fixé à la fin mars, la limite au-delà de laquelle les négociations ne devaient pas se poursuivre.