Drones : les survols de Paris se multiplient, les risques restent limités

DES DRONES ONT SURVOLÉ DANS LA NUIT UNE SÉRIE DE SITES SENSIBLES À PARIS

Depuis le début de la semaine, la capitale est la cible de survols nocturnes de la part de drones, et ce alors que son survol est strictement réglementé et interdit à tout objet de loisir. Après cinq survols dans la nuit de lundi à mardi à différents points de la capitale dont proche de la Tour Eiffel et à quelques mètres au-dessus de l’ambassade des États-Unis à Paris, proche de la Concorde vers 1 heure du matin, cinq nouveaux engins légers ont survolé la capitale dans la nuit de mardi à mercredi.

Repérés et même filmés par certains passants et policiers, la police judiciaire a ouvert une enquête sur ses survols immédiatement alors que l’enquête sur le survol de l’Ambassade des États-Unis a, elle, été confiée à la Gendarmerie des Transports Aériens (GTA). Cette branche de la gendarmerie avait déjà été chargée de l’enquête sur le survol par un drone du Palais de l’Élysée au début du mois.

Une action probablement coordonnée

Or, si beaucoup voient dans ces survols une action coordonnée, les autorités, elles, ne souhaitent pas confirmer cette thèse comme elles l’avaient indiqué hier à l’AFP : « Il pourrait s’agir d’une action coordonnée, mais nous n’en savons pas plus pour l’instant. ». Et si ces survols de la capitale ne sont pas inédits leur nombre en une seule nuit et de manière plus générale leur multiplication proche de lieux particulièrement sensibles attire toute l’attention des enquêteurs.

Difficile pour autant de voir en ses survols des risques majeurs pour la sécurité. En effet, tous les engins utilisés pour ses survols depuis le début de la semaine sont des drones légers, destinés aux particuliers, incapables de transporter des charges, par exemple des explosifs. Le seul intérêt de ses drones semble donc être la caméra qu’ils intègrent et qui permet de recueillir selon les intentions de belles images, ou des informations sur la protection de certains lieux.

Le risque immédiat semble donc assez limité avec de tels engins. Comme l’indiquait Henri Seydoux, CEO de Parrot, fabricant et exportateur de drones au micro d’Europe 1 ce matin, « il ne faut pas céder à la panique ». Il s’agit là de matériel léger et aucune information ne permet d’affirmer que ce type d’engin est déjà aidé ou servi à une quelconque attaque.

Arrêter un drone est plus difficile qu’arrêter une voiture

Mais les enquêteurs le concède, il est extrêmement difficile d’arrêter un drone, « plus que d’arrêter une voiture » et pour cause, seul le pilote, généralement bien au chaud chez lui, détient les commandes de l’appareil. En outre, le mouvement permanent de l’appareil ne permet pas aux forces de police d’intervenir. Impossible également d’imaginer abattre l’engin au-dessus de zones denses comme l’est la capitale.

La détection et la gestion du survol des espaces aériens fermés et réglementés par des drones, comme le sont par exemple les sites militaires, les centrales nucléaires, ou les grandes villes, semblent donc s’annoncer comme l’un des enjeux des prochaines années.