Après le co-voiturage, nous avons testé le co-avionnage !

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REPORTAGE – Plus que jamais la tendance est au partage. Qu’il s’agisse de partager des livres, une voiture pour un trajet, un appartement, ou encore des outils pour bricoler le dimanche, tout peut désormais passer par le partage. Nouvelle tendance depuis quelques semaines, le co-avionnage, ou comment vous allez partager un avion pour aller d’un point A à un point B. Explications et test !

Alors que les compagnies aériennes ferment désormais certaines lignes ou ne déversent que les plus gros aéroports, plusieurs sites proposent ce service. L’objectif : permettre, d’un côté au pilote de partager les frais de leur vol (carburant, taxes éventuelles…), de l’autre aux voyageurs de trouver un moyen rapide et simple de les ramener chez eux. Ils se nomment Wingly, Wingshare ou encore COAVMI et tous proposent le même service, répertorier les offres de vols.

Qu’il s’agisse de se déplacer à partir de l’un des 450 aérodromes recensés en France ou de faire une simple balade dans les airs, les offrent sont multiples à des prix relativement bas. Et si le concept n’est en rien nouveau, puisque déjà largement utilisé dans les aéroclubs, cette dimension « commerciale » a pris son envol au début de l’été avec la création de différents sites de mise en relation entre pilotes et voyageurs.

Une réglementation floue, mais des sites attentifs

Et si la législation n’interdit en rien de telles pratiques, elle impose tout de même le respect de certaines règles. Seuls les titulaires d’un brevet « permettant l’emport de passagers » peuvent ainsi réaliser de tels vols, et le pilote est tenu de respecter « le strict partage des frais ». Il est en effet strictement interdit aux pilotes de réaliser ces activités dans l’objectif de gagner de l’argent, la législation en vigueur autorisant simplement le partage des frais. Problème, si le pilote propose pour son trajet trois places, mais n’en vend qu’une, le montant devra être ajusté et le coût total du vol divisé par deux et non plus par quatre comme annoncé initialement.

Les différents sites de partage insistent toutefois sur la sécurité offerte à leur client. Tous indiquent vérifier scrupuleusement l’identité de leurs pilotes. Les vérifications sont en effet présentes. Testé dans notre cas le site coavmi demande ainsi à tout nouveau pilote une copie de sa licence de vol, de ses papiers d’identité et un certificat médical. Par la suite les utilisateurs ont la possibilité de noter et de commenter les voyages. Peu de notes sont encore disponibles, mais ces services n’ont sont qu’à leurs débuts, rien de bien étonnant donc !

Direction Paris depuis Belle-Île

Malgré les craintes de certains le système fonctionne bien comme l’explique Martin, utilisateur de wingly depuis quelques semaines qui en est déjà à son deuxième vol et qui a utilisé le service pour nous : « J’ai découvert le site totalement par hasard dans un article de presse et je me suis dit allez, pourquoi ne pas essayer ! J’ai assez vite trouvé un vol qui me convenait, j’avais prévu de passer un week-end à Belle île et j’ai vu qu’un pilote faisait le vol Belle île – Paris le dimanche soir, je me suis dit que c’était l’occasion.

Rendez-vous est donc pris dimanche à 16h00 à l’aérodrome de Belle-Île… A mon arrivée tout était très calme, il n’y avait personne sur place, mais quelques minutes plus tard mon pilote et son avion sont apparus à quelques mètres d’altitude et se sont posés sur la petite piste face à moi. Nous avons refait le plein, je suis monté dans l’avion après quelques minutes de discussion avec le pilote. Il était vraiment très sympa, passionné par l’aviation, il avait 31 ans. Il a commencé à préparer le décollage en vérifiant que tout était ok puis nous nous sommes dirigés vers la piste pour une durée de vol prévue de 2 heures 10.

Sur les deux vols que j’ai faits cet été les deux pilotes étaient très agréables.

Tout s’est bien passé, nous avons décollé à l’heure et il faisait un temps magnifique ! Durant tout le vol j’ai échangé avec le pilote, c’était vraiment une discussion enrichissante. J’en ai aussi profité pour prendre plein de photos, et comme on vol assez bas on peut même continuer à envoyer des messages ! Au final le seul problème avec ce vol c’est que l’on ne peut pas se poser trop près de Paris. Si je passe bien sûr sur l’idée de se poser à Orly ou Roissy Charles de Gaulle, pas question non plus de se poser au Bourget ce serait trop cher, alors les pilotes nous déposent un peu à l’écart, à nous après de nous débrouiller pour rentrer sur Paris. Ce n’est pas toujours évident, mais cela vaut vraiment le coup pour 55€ !

Sur les deux vols que j’ai faits avec le site wingly tout s’est toujours bien passé et les deux pilotes étaient vraiment agréables. Je vais clairement continuer à surveiller les vols qui sont proposés. Après le problème reste toujours de trouver un vol qui correspondent et à notre destination et environ à mes horaires. J’espère vraiment que les services de ce genre vont se développer et que l’offre va augmenter dans les mois à venir. »

Pour en savoir plus

   – Arrêtés relatifs aux brevets des navigants non-professionnels
   – Wingly.io, site de co-avionnage